© GEPA - Champagne et paillettes aussi à Interlagos ?
Christian Horner avait beau juré le contraire, on se doutait bien que la victoire de Mark Webber à Silverstone allait peser dans la balance au moment de négocier l’avenir du pilote australien au sein de l’écurie championne du monde.
Pour Red Bull, renouveler le contrat de Webber était sans aucun doute la meilleure chose à faire. L’Australien fait jeu égal avec Sebastian Vettel et les deux nouvelles recrues de Toro Rosso sont encore un peu 'vertes' pour se voir proposer un volant dans l’équipe A de la boisson énergétique. Ce n’est pas pour rien que Ferrari a elle aussi approché le pilote de 35 ans. Mais malgré sa bonne entente avec Alonso, le grand Mark ne voulait pas vraiment d’un rôle de second, même dans la plus prestigieuse écurie de la F1.
Entre Ferrari et Red Bull, c’est aussi l’affectif qui a joué un rôle au moment de faire un choix. Webber est à Milton Keynes depuis 2007 et y avait déjà été pensionnaire en 2003 et 2004 à l’époque ou le team s’appelait encore Jaguar. Il a donc grandi avec cette équipe, c’est avec elle qu’il a remporté son premier Grand Prix, en 2009 sur le tracé du Nurburgring et qu’il a lutté pour le titre mondial l’année suivante.
De ce point de vue, la saison 2012 ressemble assez à celle de 2010. Plusieurs écuries peuvent jouer la victoire et la lutte pour le championnat promet d’être particulièrement serrée. Et comme en 2010, Red Bull dispose de deux pilotes bien placés pour décrocher la couronne mondiale en novembre. Après une campagne 2011 quelque peu décevante, celui que l’on surnomme Aussie Grit a repris des couleurs et se paie même le luxe de faire de l’ombre à son double champion du monde d’équipier qui semble avoir un peu plus de difficultés à dompter une RB8 qui n’est plus la machine à gagner qu’était sa devancière.
On se souvient qu’en 2010, l’égalité présumée entre les deux pilotes Red Bull avait été quelque peu mise en doute à diverses occasions. L’accident du Grand Prix de Turquie avait ainsi mis à jour deux clans. Il y avait ceux qui prenaient la défense de Webber et ceux qui soutenaient Sebastian Vettel. Afin d’éteindre l’incendie, le team avait publiée une photo des deux hommes se regardant l’air interloqué par la situation genre « Un problème ? Quel problème ? ». Et puis il y a eu le Grand Prix de Silverstone et l’affaire de l’aileron avant ce qui n’avait pas empêché Webber de s’imposer et de déclarer à la radio « Pas mal pour un numéro 2 ».
Aujourd’hui les tensions semblent être de l’histoire ancienne. Il faut dire qu’en 2011, Webber n’a jamais été une menace pour Vettel et que sa victoire au Brésil il la doit pour services rendus. Mais cette année, le dilemme risque bien de se reposer. Christian Horner peut bien déclarer qu’il y a pire que d’avoir deux pilotes pour le titre, il n’empêche que le souvenir de 2010 doit refaire surface.
Webber non plus ne doit pas l’avoir oublié. Et ce point précis a probablement été mis sur la table au moment de négocier son avenir dans l’équipe championne du monde. A-t-il eu la promesse d’avoir le soutien inconditionnel de son écurie pour la lutte pour le titre ? Probablement, mais même s’il est aujourd’hui devant Vettel, l’écart reste faible. Red Bull prendra-t-elle le risque d’attendre jusqu’au dernier moment avant de désigner un leader face à Fernando Alonso qui est le seul à jouer le titre mondial chez Ferrari ? Il est vrai que McLaren ne peut pas encore être exclue mais au jour d’aujourd’hui c’est bien le pilote espagnol l’ennemi numéro 1 comme la chronique Pitstop le laissait entendre la semaine dernière.
Ce nouveau contrat signé par Webber est une bonne chose dans l’optique du championnat. On n’imagine pas une écurie se donner à 100% pour un pilote si elle sait qu’il ne sera plus là l’an prochain. De plus, Sebastian Vettel est déjà double champion du monde. Là où en 2010 il était préférable que le jeune allemand s’impose, question d’image, aujourd’hui Webber pourrait vraiment avoir sa chance. Plus que pour 2013 c’est peut-être avant tout pour 2012 que l’Australien a renouvelé son contrat avec Red Bull. Il sait qu’il n’aura plus 36 occasions de se battre pour le titre. Et puis au pire, il sera libre d’aller voir ailleurs en 2014.
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