© LAT - Une victoire à Valence là où tout a commencé ?
La F1 a beau être suivie par des millions de fans de part le monde elle n’est reste pas moins un milieu très "select" pour tout jeune pilote qui rêve de gloire au volant d’un de ces bolides. Avec seulement 24 places sur la grille de départ des Grands Prix, pas simple de faire son trou. Alors imaginez la difficulté de revenir après une première tentative pas forcément concluante…
Pourtant c’est possible. La preuve cette saison avec Romain Grosjean. Le moins rookie des trois Français aujourd’hui en Formule 1 ne démérite pas, loin de là, en ce début de campagne.
Après un remplacement express de Nelson Piquet Junior en 2009 on ne donnait pas cher de l’avenir de Grosjean en F1. Rapide mais souvent brouillon, le Français n’avait pas particulièrement impressionné à l’époque. A sa décharge, la Renault R29 était une poubelle et seul un pilote chevronné comme Alonso pouvait en tirer quelque chose. Alonso, un autre élément à prendre en compte. Pas simple en effet de débarquer au sein d’une équipe en plein milieu de saison, mais quand en plus votre point de référence est un double champion du monde qui n’a jamais laissé la moindre miette au pilote de l’autre voiture, c’est quasiment du suicide. Et puis l’ambiance dans le team ne devait certainement pas être au beau fixe suite au scandale du crashgate de 2008. Bref, Grosjean n’avait pas tiré les bonnes cartes avant de faire le grand saut.
Mais il ne faut jamais renoncer à ses rêves et Grosjean a reculé pour mieux sauter en 2010 et 2011. C’est donc dans le championnat FIA GT qu’on retrouve le Français au début de la saison 2010. Au volant d’une Ford GT il enlève les deux premières manches de ce championnat disputées à Abu Dhabi et Brno. Mais c’est en juillet que l’avenir semble vraiment s’éclaircir pour lui. DAMS décide de l’aligner en AutoGP. Championnat qu’il remporte haut la main avant de faire son retour en GP2 au sein de la même équipe DAMS, d’abord en remplacement de Jérôme D’Ambrosio à Hockenheim puis de Ho-Pin Tung. C’est ce qui lui permettra de taper dans l’œil de Gérard Lopez et de Gravity Management qui décide de le prendre sous son aile. Pilote d’essais Pirelli durant l’hiver 2010-2011, Grosjean s’aligne en GP2 avec l’objectif de remporter le titre avant de pouvoir revenir en F1. Mission accomplie, Lotus F1 Team en fait son deuxième pilote aux côtés du revenant Kimi Räikkönen, un autre gros morceau.
Par rapport à 2009, Romain Grosjean peut se préparer sereinement pendant les essais hivernaux (malgré une séance avortée à Barcelone suite à des soucis de suspension). La sérénité est également revenue dans l’équipe qui veut à nouveau gagner à plus ou moins court terme. Avec Räikkönen, Grosjean possède un autre équipier de luxe après Alonso. Mais le Finlandais n’a plus conduit de F1 depuis deux ans et même si on ne doute pas qu’il puisse encore être rapide, il lui est évident qu’il lui faudra un peu de temps avant de retrouver son top niveau. Une chance pour le Français qui va pouvoir réapprendre la F1 en même temps que son voisin de garage et qui en plus connait mieux les Pirelli.
Dès les essais hivernaux on sent que l’écart entre les deux hommes est faible. En Australie, avantage au "rookie" impressionnant troisième sur la grille derrière les deux McLaren qui semblent intouchables. En course il aura moins de chance, tout comme en Malaisie. A peine 4 tours bouclés en deux manches, les mauvaises langues commencent à se délier sur le sort futur du pilote Lotus et le souvenir de 2009 refait surface.
En Chine, il répond admirablement à ses détracteurs en réalisant une course solide qui le voit marquer les points de la sixième place alors que Räikkönen quittait le top 10 à quelques boucles de la fin, pneus en lambeau. A Bahreïn, c’est sur le podium qu’on le retrouve, derrière le Finlandais. A Monaco, nouvel incident dû à pas de chance et à un départ pas exceptionnel. Puis le Canada. Comme en Chine, c’est la gestion des pneus qui a fait la différence bien aidée par des températures plus élevées que la veille. En ne faisant qu’un seul arrêt, Grosjean a pris le même pari qu’Alonso et Vettel. Mais le pilote Red Bull a été contraint de repasser par les stands en fin de course tandis que Fernando Alonso persistait en piste et reculait à la cinquième place.
Grosjean est désormais à seulement deux points de Räikkönen, ce qui n’est pas rien et semble plus serein qu’en début de saison. Il fera probablement encore des erreurs d’ici Interlagos mais c’est normal pour un rookie, le tout est de faire en sorte que ça n’arrive pas trop souvent et surtout profiter de ces dites erreurs pour apprendre et s’améliorer. En tout cas, celui que l’on croyait perdu pour la F1 fin 2009 effectue un retour pour le moins réussi et prometteur pour la suite. La chaleur de Valence nous donnera-t-elle un huitième vainqueur ? Si tel devait être le cas, Grosjean fait définitivement partie de la liste des prétendants au premier accessit.
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