© Pirelli - Lewis Hamilton va revoir ses ambitions à la hausse après cette victoire
Cher Lewis,
Il était temps ! On commençait à se demander si tu allais arriver à gagner un Grand Prix cette année. Tu semblais avoir laissé passer ta chance en tout début de saison, quand ta monture était de loin la plus efficace. Le doute devait commencer à s'installer dans ta caboche de pilote élevé à la victoire. Mais bon sang ne saurait mentir. Un homme né avec un talent comme le tien ne peut pas trahir son rang de champion bien longtemps. A Montréal, tu as tenu à retrouver ta place. Et pour une fois, même les petits couacs lors de tes arrêts aux stands ne t'ont pas empêché de remporter une bien belle victoire.
Mais qu'est-ce que cela a été difficile ! Tu semblais bien mal embarqué après ton second arrêt aux stands, à vingt tours de l'arrivée. Relégué à une bonne quinzaine de secondes de Fernando et Sebastian, on voyait mal comment tu pouvais encore prétendre aux lauriers du vainqueur. Ta course poursuite est mémorable. Même si tu as été bien aidé par les gommes délabrées de tes deux meilleurs ennemis. Digne d'un sprinter, tu as aligné meilleur tour sur meilleur tour, gobant littéralement tes rivaux dans ta folle chevauchée. Fernando doit l'avoir mauvaise... Par deux fois tu lui as fait l'extérieur dans la chicane précédant la ligne d'arrivée. Et, mine de rien, cela a dû laisser des traces sur son ego. Surtout venant de toi...
Il y a encore quelques progrès à faire aux stands. Tes arrêts n'ont pas été mauvais, loin s'en faut. Mais une roue récalcitrante et deux retards à l'allumage t'ont coûté une poignée de secondes. Cela démontre une certaine fébrilité de ta part et de ton équipe à laquelle il va falloir remédier, Lewis. Sinon, tu pourrais encore perdre gros. Martin, ton boss, a beau jeu de dire qu'il est confiant quant à ta future prolongation chez McLaren. Avant le Canada, ce n'était clairement pas la joie. La victoire est sans doute le meilleur argument pour que tu restes chez eux. Pour être franc, on a du mal à te voir ailleurs que dans ton équipe fétiche. Que ce soit Fernando chez Ferrari ou Sebastian chez Red Bull, ils ne vont clairement pas te faire de cadeaux. Et Mercedes n'a pas encore les moyens de te proposer une monoplace capable de se battre pour le titre. Il faut mettre tout ça dans la balance.
Mais c'est une autre histoire. Alors que tu perdais des places course après course, tu as rejailli d'un coup en tête du championnat du monde. Le champagne de la victoire ne pouvait qu'en être meilleur, surtout vu la façon dont tu l'as savouré sur le podium. Quand on verse du champagne dans la coupe du vainqueur pour le boire, on n'en recrache pas la moitié, Lewis. Mais on ne t'en veut pas. Ton émotion était belle à voir. Surtout quand on repense au Grand Prix de Corée du Sud de l'an passé, où tu tirais une tronche d'enterrement. Le retour de Nicole à tes côtés ne doit pas être étranger à cette joie de vivre. Amour, réussite et victoire. La vie est belle, non ?
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