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Räikkönen - Hunt : destins croisés

Ce week-end à Monaco, Kimi Räikkönen a décidé de rendre hommage à James Hunt en arborant un casque réplica du champion du monde 1976. Ce n’est pas la première fois que les noms des deux hommes sont associés et la Chronique Pitstop a donc décidé de se pencher sur leur carrière respective.

© LAT - Räikkönen n'a pas fait mieux que son modèle...© LAT - Räikkönen n'a pas fait mieux que son modèle...

Kimi Räikkönen et James Hunt, c’est une longue histoire. Le Finlandais n’a jamais caché une certaine admiration pour le sémillant pilote anglais. C’est d’ailleurs sous ce nom qu’il a participé à une course de motoneige en 2007. Un certain James Hunt participa également à une course de bateaux en Finlande la même année.

« Mes amis et moi avons toujours plaisanté à propos de participer à une course en tant que James Hunt. Ma vie aurait été plus simple dans les années 1970. Je suis définitivement né à la mauvaise époque, » expliquait-il à l’époque. Rien de vraiment surprenant donc à voir le champion 2007 arborer le couvre-chef de celui de 1976 lors de la mythique épreuve de Monaco.

Räikkönen n’est pas encore né lorsque James Hunt remporte sur le fil son seul et unique titre mondial en 1976. Comme en 2007, c’est lors du dernier Grand Prix que tout se joue. Cette année là, le Japon accueille la F1 pour la première fois de son histoire sur le tracé du Mont Fuji. Dans cette région, et à cette époque de l’année (la course a lieu en octobre), la météo peut s’avérer capricieuse comme nous l’a montré plus récemment l’édition 2008 de cette manche. C’est donc sous des trombes d’eaux qu’est donné le départ. Hunt s’élance deuxième juste devant Lauda qui est mieux placé au championnat – 68 points pour l’Autrichien contre 65 pour l’Anglais. Le suspense aurait pu tourner court avec l’abandon de Lauda après seulement deux tours. Le pilote Ferrari jugeait les conditions trop dangereuses et ne voulait pas prendre de risques inconsidérés. Il faut dire que l’accident qui avait failli lui coûter la vie au Nurburgring était encore vivace. De son côté, James Hunt restait en piste et pointait au sixième rang à dix tours de l’arrivée. Position qui n’était pas suffisante pour décrocher la couronne mondiale (il faillait pour cela qu’il termine dans le top 4). Dans des conditions dantesques, de nombreux pilotes avaient réalisés plusieurs passages par les stands ce qui rendait la situation en piste quelque peu confuse. Hunt, le couteau entre les dents, dépassait tout ce qui se trouvait devant lui, sans savoir s’il s’agissait d’adversaires directs ou de simples retardataires. En passant sous le drapeau à damier, le pilote McLaren est convaincu de n’être que cinquième alors qu’il est en réalité le nouveau champion du monde grâce à une troisième place qui le plaçait devant Lauda pour un petit point. Un scénario complètement fou qui n’est pas sans rappeler, d’une certaine façon, celui de 2007 où Räikkönen avait surpris tout le monde en devenant le nouveau champion du monde au nez et à la barbe des pilotes McLaren alors qu’il était pourtant le moins bien classé avant le Grand Prix du Brésil.

Après ce sacre, Hunt a semblé avoir perdu le feu sacré, celui qui pousse un pilote à prendre des risques pour aller chercher le dernier dixième qui fait toute la différence. Comme si en remportant ce titre, il avait atteint l’objectif qu’il s’était fixé et que désormais rien ne pourrait surpasser ça. Une sorte de baisse de motivation qu’on a également ressentie chez Räikkönen en 2008 et, peut-être dans une moindre mesure, en 2009. La question de la motivation du Finlandais a souvent été au centre de nombreuses discussions, même avant son sacre de 2007, mais après cette saison cela était plus marquant. Aujourd’hui, de retour chez Lotus après deux ans passés sur les spéciales du championnat WRC, Iceman semble avoir retrouvé toute sa vista et pointe au sixième rang du classement mondial à 25 points du leader, Fernando Alonso.

Une écurie Lotus que James Hunt avait failli rejoindre en 1976 mais les discutions avec Colin Chapman ont tourné court et c’est chez McLaren qu’il a sévît pendant trois saisons. En 1979, las d’une campagne 78 pour le moins décevante au volant de la M26 en fin de vie, il rejoint l’écurie Wolf. Mais l’aventure ne dura pas plus de sept courses. A Monaco, Hunt raccrocha son casque définitivement. Il reviendra dans les paddocks dans le rôle de consultant pour la BBC mais contrairement à Räikkönen, ne remontera jamais dans une F1.

S’il y a certaines similitudes entre les deux hommes, il y a aussi quelques différences. Leur attitude dans un paddock par exemple. Là où un James Hunt qui n’avait pas sa langue en poche aurait fait le bonheur des nombreux journalistes qui se rendent aujourd’hui sur les Grands Prix, Räikkönen aurait préféré l’ambiance plus calme des années 70 quand l'intérêt des médias pour la F1 était moins important. Cette différence se marque aussi dans l’attitude des deux hommes avant le départ d’une course. L’actuel pilote Lotus admet sans honte qu’il pique régulièrement une petite sieste avant de rejoindre la grille alors que Hunt avait tendance à angoisser avant de monter dans sa voiture. Une fois en piste les deux hommes partagent un certain sens de l’attaque mais Hunt avait parfois tendance à en faire trop au point que quelques pilotes craignaient de le voir dans leurs rétros. « Reutemann me prenait pour un psychopathe. Pour le doubler, c’était facile : dès que je m’agitais dans ses rétroviseurs, il me laissait passer, » s’amusait à l’époque l’Anglais que ses confrères surnommaient « James the shunt » (Shunt signifie collision en anglais familier ndlr). Là encore Räikkönen fait preuve de plus de calme et de réflexion. Parmi ses faits d’armes marquants, l’attaque portée sur Fisichella à Suzuka en 2005 dans le dernier tour du Grand Prix.

A Monaco, Räikkönen n’a pas fait briller les couleurs de Hunt. Petit clin d’œil de l’histoire, la neuvième place finale du Finlandais correspond également au meilleur résultat de l’Anglais en Principauté. Si les deux hommes avaient couru à la même époque, sans doute auraient-ils été oublier ce mauvais week-end en faisant la fête quelque part, un autre point commun entre deux champions…


Benoit Fraikin Le 28 mai 2012 à 15h54 La chronique Pitstop, Raikkonen et Histoire Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




5 réactions sur cet article Donnez votre avis
Raspberry
Raspberry :
Très bon article, il se lit tout seul bravo.
Il y a 12 mois
Benoit F
Benoit F :
Merci. Trouver un sujet chaque semaine n'est pas toujours simple même si l'actu de la F1 ne s'arrêter jamais, donc ravi que ça vous plaise ;)
Il y a 11 mois
titeuf974
titeuf974 :
Moi je suis quand meme drolemment surpris de voir comment raikkonen est revenu en plutot grande forme aprés deux ans d'absence . Et je pense qu'il a surpris beaucoup de monde . En tout cas , a 25 points suelement de alonso , il a toute ses chances pour le titre !!
Il y a 11 mois
pepin
pepin :
je trouve que Ferrari s'est séparée un peu trop rapidement de lui....dommage pour la Scuderia
Il y a 11 mois
Benoit F
Benoit F :
C'est vrai qu'il est revenu très en forme et que si on compare avec Schumacher on peut s'en étonner mais il ne faut pas oublier que Schumacher ne faisait plus du tout de compétition, à l'exception de quelques meetings moto pour le fun. Tandis que Raikkonen a passé deux ans en rallye sans forcément briller mais pour garder ses réflexes y'a pas mieux et puis autre point qui a son importance, Kimi est plus jeune que l'Allemand.
Il y a 11 mois
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