> > > > La nouvelle règle de trois

La nouvelle règle de trois

Depuis quelques années, le travail du pilote d'essais en Formule 1 a changé de façon importante. D'expérimenté au début des années 2000, le troisième pilote est devenu un rookie en quête d'expérience.

© Ferrari / Bianchi était troisième pilote Ferrari en 2011© Ferrari / Bianchi était troisième pilote Ferrari en 2011

Il est loin le temps ou les écuries de F1 étaient libres de faire rouler leur bolide lors d’essais privés à leur guise afin de valider la dernière trouvaille aérodynamique tout droit sortie des bureaux d’étude de l’usine. A ce petit jeu, Ferrari était la championne du monde incontestée au début des années 2000. Avec sa piste d’essais maison, la Scuderia limait le bitume plus que quiconque. Ces nombreux essais ont été une des clés du succès de l’équipe italienne de 2000 à 2004. Ce travail de mise au point était, le plus souvent, confié à Lucas Badoer, le pilote d’essais de Ferrari qui a ainsi contribué, à sa façon, à la déferlante rouge. Ce n’est pas pour rien si aujourd’hui Lucas di Montezemolo milite pour un retour des essais en cour de saison, prétextant qu’il est absurde que la F1 soit le seul sport ou l’on ne peut s’entrainer pendant le championnat.

Avec la disparition des essais pendant la saison, le rôle de troisième pilote a perdu de son importance pour les équipes et de son intérêt pour les pilotes. Pilote de réserve au sein de l’écurie Force India en 2011, Nico Hulkenberg n’a cessé d’exprimer sa frustration de ne pouvoir rouler suffisamment. Et pourtant, l’Allemand n’était clairement pas le plus mal logé dans l’équipe indienne. Même s’il n’a pas pu en découdre en course avec ses collègues, il a participé à de nombreuses séances d’essais libres le vendredi matin, ce qui lui permet d’aborder la nouvelle saison, en tant que titulaire, avec une expérience du pilotage d’une F1 accrue.

Acquérir de l’expérience, voilà le nouveau rôle du poste de pilote de réserve. Par le passé ces pilotes s’appelaient, Badoer, Panis et consort. Aujourd’hui il s’agit de Guitiérez, Ricciardo, Vergne, ou Bianchi. Le but est bien souvent de permettre à de jeunes pilotes, qui participent à un championnat dans une catégorie inférieure, de prendre leurs marques dans une équipe de Formule 1, de comprendre comment tout fonctionne. Dans le cas de Jules Bianchi, il prendra la relève de Nico Hulkenberg chez Force India, cela lui permettra d’accumuler les kilomètres au volant d’une F1 sans avoir trop de pression sur les épaules. Une belle façon aussi de montrer de quoi on est capable avant de briguer un poste de titulaire en 2013, ce qui est clairement l’objectif du Français managé par Nicolas Todt. Dans cette optique la proposition du Président de la FIA de revoir l’organisation des Grands Prix pour avoir trois séances d’essais libres d’une heure chacune au lieu de deux d’une heure et demi avec une heure réservée aux pilotes d’essais, était une bonne idée mais elle n’a malheureusement pas été retenue.

Pour d’autres, devenir troisième pilote c’est reculer pour mieux sauter. Ainsi, Jérôme D’Ambrosio sera dans l’ombre de Kimi Räikkönen et Romain Grosjean en 2012. Le pilote belge, remercié par Marussia, accompagnera l’équipe Lotus F1 Team lors de tous les Grands Prix et participera à la vie de l’équipe. En outre il passera beaucoup de temps dans le simulateur du team avant, peut-être de se voir confier la E20 un vendredi matin en fin de saison. Il est en effet impensable que le Belge prenne le volant de la Lotus en début de saison étant donné que Kimi Räikkönen doit se réaclimater au pilotage d’une Formule 1 et que Grosjean ‘débute’ dans la catégorie. Loin de considérer cette opportunité comme un pas en arrière, D’Ambrosio compte bien mettre cette expérience à profit et penser, lui aussi, à 2013 avec l’ambition de revenir sur les grilles de départ au sein d’une équipe plus compétitive que ne l’était Virgin.

Mettre leur carrière entre parenthèses, c’est ce que vont probablement devoir faire Petrov et Sutil en 2012. Certaines rumeurs envoyaient l’Allemand chez Ferrari en 2013 pour remplacer Felipe Massa, dont l’avenir à Maranello ne fait presque plus aucun doute. En attendant, Sutil pourrait ronger son frein et se contenter d’un poste de pilote de réserve. Une bonne façon pour lui de s’intégrer à sa future équipe et pour Ferrari de l’évaluer avant d’éventuellement le titulariser en 2013. L’autre avantage étant que contrairement à Davide Rigon, actuel pilote d’essais de Ferrari, Sutil pourrait être en mesure de prendre le volant d’un des deux titulaires si Massa ou Alonso venait à être dans l’incapacité de rouler. La saison 2009 a montré qu’avoir un pilote de réserve avec une certaine expérience pouvait s’avérer utile…


Benoit Fraikin Le 30 janvier 2012 à 12h24 La chronique Pitstop Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




Laisser votre avis
Cet article a plus de deux mois. Les commentaires sont fermés.

Toutefois, vous pouvez nous joindre via la page de contact pour signaler tout problème à la rédaction.





+Le SAV de la F1