© bridgestone / La F1 à Barhein en 2012?
Doit-on ou pas se rendre à Bahreïn le 22 avril prochain ? Voilà une question qui risque fort de revenir de manière récurrente durant les prochaines semaines. Pour faire court, non ! Définitivement non ! Doit-on prendre la décision maintenant et l’annoncer ? Encore une fois, non !
L’année dernière, la gestion du dossier a été relativement chaotique, et cette année encore la FIA ne semble pas trop savoir quoi faire à ce sujet. La confirmation de Bahreïn au calendrier en décembre dernier aura d’ailleurs été une petite surprise pour pas mal d’observateurs. Le fait est que dans l’état actuel des choses, il est évident qu’il n’est pas possible d’organiser un Grand Prix au royaume de Bahreïn. C’est d’ailleurs le souhait de nombreuses organisations non gouvernementales qui, ce week-end, ont demandé aux équipes de ne pas se rendre à Bahreïn en avril prochain.
« Nous allons faire campagne pour que les pilotes et les équipes boycottent le Grand Prix. Le gouvernement veut utiliser la Formule 1 pour affirmer au monde entier que tout est redevenu normal. Si la F1 vient, elle ne fera qu’aider le gouvernement. Nous préférerions que la Formule 1 ne vienne pas. Je suis certain que les pilotes et les équipes respectent les droits de l’Homme, » explique Nabeel Rajab, vice président du centre bahreïni pour les droits de l’Homme au site internet Arabian Business.
Mais le fait est que l’on ne parle de la situation de Bahreïn que parce que la F1 doit s’y rendre et que la situation politique du pays pourrait empêcher la bonne tenue du Grand Prix. En maintenant la date du Grand Prix au 22 avril, les organisateurs du championnat laissent un projecteur allumé sur ce qui se passe dans ce pays et c’est peut-être un rôle que la F1 doit jouer. Combien de fois, alors que le paddock se rendait dans un nouveau pays, n’a-t-on pas entendu de la part des directeurs d’équipes qu’ils espéraient que la tenue du Grand Prix permettrait au pays d’aller de l’avant. Ce fut encore le cas la saison dernière à l’occasion du premier Grand Prix d’Inde de l’histoire. Dans le même ordre d’idée, on espérait que les JO de Pékin permettraient de mettre en lumière les problèmes liés au respect des droits de l’Homme en Chine. Une fois les Jeux terminés, on a eu vite fait d’oublier ce petit détail alors qu’il est évident que des progrès doivent encore être faits dans ce domaine. Si aujourd’hui, la FIA et Bernie Ecclestone annonçaient que le Grand Prix de Bahreïn n’aurait effectivement pas lieu en avril prochain, parlerait-on encore de la situation dans ce pays ? Ce n’est pas pour rien que les manifestants s’en sont ouvertement pris à l’organisation de la course l’année dernière et que le GP est encore menacé cette saison.
Sur le strict plan sportif, je dois admettre que la perte de la manche bahreïni ne me fait ni chaud ni froid. Le circuit n’a aucune saveur et les courses y sont rarement passionnantes, ça serait même plutôt l’inverse. Mais pour être franc, j’aimerai que la course puisse avoir lieu cette année. Ce serait le signe que les tensions qui secouent le pays depuis plus d’un an se sont apaisées voir même qu’elles ont cessé, mais je doute que ce sera le cas, même si un porte-parole du circuit de Sakhir a tenu a rappeler qu'un rapport avait été publié en novembre concernant le non respect des droits de l'Homme et que le gouvernement avait reconnu les conclusions de ce rapport qui reconnaissant qu'il y avait eu violations dans ce domaine. Ajoutant que le gouvernement travaillait actuellement à la mise en place des recommandations de ce rapport. Wait and see donc...
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Tout ça risque bientôt de virer au grotesque.
@Steve
Il y a un seuil où, si la pression exercée par la F1, ne fait pas d’effet, la F1 devra prendre une décision. Les mains tendues ont leurs limites, mais je pense qu'il est encore tôt pour retirer cette main tendue. Le Bahreïn connait encore des problèmes, mais il est à souligner qu'il y a aussi eu des avancées : le Royaume n'est pas aujourd'hui dans la situation de blocage absolu que peut connaître la Syrie, le Roi a demandé l'ouverture d'une enquête dont les conclusions ont été rendues en présence du Roi et remettant en cause les répressions. Il faut faire preuve de patience et de prudence et, comme l'a dit Bernie : si on se rend compte que les choses n'ont pas évolué, il faudra agir.
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