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Coulthard et Herbert s'opposent sur l'accident entre Massa et Hamilton

Les deux anciens pilotes britanniques ne partagent pas le même avis sur la pénalité infligée à Felipe Massa pour son accrochage avec Lewis Hamilton lors du Grand Prix d'Inde.

© Ferrari© Ferrari

Pour la troisième fois lors des quatre dernières courses, le Grand Prix a été émaillé par un accident entre Felipe Massa et Lewis Hamilton. Cette fois-ci, les commissaires ont jugé que le pilote Ferrari était responsable de l’accrochage avec son rival de chez McLaren, une décision que ne comprend pas le natif de Sao Paulo, un sentiment partagé par David Coulthard : « Je n’arrive simplement pas à comprendre comment Felipe a pu être jugé responsable. En tant que pilotes, on nous a toujours dit que la voiture de derrière est responsable, alors, selon moi, les commissaires ont mal interprété ce qu’il s’est passé » peut-on lire dans la chronique de l’écossais pour le Daily Telegraph.

Johnny Herbert, quatrième commissaire lors du Grand Prix d’Inde, a quant à lui justifié la décision de pénaliser le pauliste : « La décision de pénaliser Felipe Massa pour son accrochage avec Lewis Hamilton tient en un seul fait : il pouvait l’éviter » explique le Britannique dans les colonnes du National. « Je sais que Massa est contrarié par notre décision, mais je pense que nous avons pris la bonne. Après avoir regardé différents angles de caméra et étudié les données qui étaient à notre disposition, il était clair que Massa savait où se trouvait Hamilton, il savait qu’Hamilton était à l’intérieur. En se décalant sur la droite, il a ouvert la porte à Hamilton. Seulement, Massa a refermé la porte, conduisant ainsi à l’accident. Il n’y avait rien qu’Hamilton pouvait faire pour l’empêcher, il a bien essayé de renoncer à sa manœuvre, mais il était trop tard et le contact a eu lieu. Si Massa n’avait pas ouvert la porte, alors ça aurait été une autre histoire. S’il y avait eu accrochage, les torts auraient été du côté d’Hamilton. »

Pourtant, David Coulthard estime que la responsabilité de l’accident incombe davantage au champion du monde 2008 : « Je ne veux pas m’acharner sur Lewis, loin de là. Je l’ai soutenu dans des circonstances similaires […] et après tout ce qu’il s’est passé au cours des dernières semaines et mois, il mérite qu’on lui fiche la paix, mais, dans ce cas, j’ai le sentiment qu’il est définitivement le plus responsable. »

Pour l’écossais, Hamilton a tout simplement tenté une manœuvre désespérée : « Si Lewis était venu de si loin à l’approche d’une épingle serrée, où la zone de freinage est peut-être de 100 mètres et dure quelques secondes, alors je pense que Massa aurait eu raison de céder, mais à l’approche d’un virage à gauche qui se négocie en quatrième, à près de 150 ou 160 km/h ? Là où la zone de freinage ne dure pas plus d’un seconde ? Je ne pense pas que Massa peut en être tenu responsable. »

Coulthard pointe d’ailleurs du doigt le manque d’homogénéité des décisions des commissaires, alors que ce n’est pas le premier incident entre les deux pilotes : « Prendre ce genre de décisions est une réelle difficulté dans un sport aussi complexe que la Formule Un, mais c’est presque comme si - avec Lewis ayant déjà reçu tellement de décisions à son encontre cette année - ils essayaient de rééquilibrer la balance. Un peu comme au football, lorsqu’un arbitre exclut quelqu’un dans des circonstances controversées et que la foule lui tombe dessus, il est plus disposé à exclure un joueur de l’autre équipe. »


Yannick Hedou Le 02 novembre 2011 à 13h41 Coulthard, Herbert Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




4 réactions sur cet article Donner votre avis
Balaou
Balaou :
Hamilton est un excellent pilote et heureusement qu'il est présent car sans lui la f1 serait monotone. Je pense que la couleur de sa peau gêne beaucoup de monde dans ce milieu qui n'a vu que des hommes blancs jusque là. Quand on entend les propos de certains journaliste qui ne font qu'enfoncer Lewis et ces commentaires des hommes de ferrari qui demande à Massa de "pourrir" la course d'Hamilton (et pourquoi pas celle de Button?) il y a plein de question à se poser.


Il y a 6 mois
Dino
Dino :
Ah non, vous allez pas nous ressortir l'argument de la couleur de peau les gars... Vous êtes gentils, mais franchement, élevez un peu le niveau de votre analyse...

Je ne vois pas en quoi les critiques qu'on peut faire à l'égard de Lewis ou les déclarations de Smedley invitant Massa à pourrir la course d'Hamilton - et pas de Button puisqu'il était loin devant - sont des preuves d'un jugement sur la couleur.

La couleur de peau de Lewis c'est l'argument de la facilité et, j'ose le dire, de la bêtise. Que Lewis soit jugé sur sa couleur de peau par certains, c'est incontestable, mais il faut aussi reconnaître que les critiques à son égard sont fondées et ne reposent pas toutes sur le racisme. Les vrais amis sont ceux qui savent vous dire quand vous avez tort et quand je lis certains des défenseurs et fans de Lewis, je me dis que le pauvre n'est décidément pas bien entouré.

Sincèrement, ce genre de commentaire me met hors de moi.
Il y a 6 mois
Globben
Globben :
GOOOOOOOODWIIIIN VARIANTE HAMILTON !

Non sérieusement, je partage à 100% le point de vue de Dino.
Nan parce qu'on peut aussi dire que les mexicains sont des feignants et qu'il faut virer Pérez, que Kobayashi, Chandhok n'ont pas leur place parce qu'il viennent d'Asie, etc...
Il y a 6 mois
Gusgus
Gusgus :
Cet article étaye à mon sens bien la thèse de l'incident de course où les deux sont responsables. Les avis sur l'incident sont partagés, ce qui tend à confirmer que les torts dans cet accident le sont également.

Pas de commentaire supplémentaire sur le premier commentaire puisque je partage l'avis de Dino et de Globben.

Par contre j'ai envie de réagir sur ce que dit Dino sur l'entourage d'Hamilton. Le fait que son père ne soit plus son manageur a joué dans sa situation actuelle. Ceux qui ont lu "Dans la roue de Lewis Hamilton" de Lionel Froissart ont pu lire un exemple de la bienveillance du père envers son fils.

Pour résumer, la scène se passe en 2007 à Montréal, le jeudi précédant le Grand Prix. Hamilton venait de passer une journée exécrable, notamment lors d'une conférence de presse organisée par McLaren suite aux déclarations d'Hamilton après Monaco sur sa place de numéro 2 dans l'équipe. Pendant cette conférence, il a dû préciser ses propos et a essuyé des critiques de la plupart des personnes présentes (journalistes tout comme Ron Dennis et Fernando Alonso). Sans parler des déclarations de Jacques Villeneuve publiées ce même jour, toujours très prompt à donner un avis bien senti sans se regarder dans une glace (il critiquait la masse d'essais privés dont avait bénéficié Hamilton avant la saison, oubliant que lui-même avait eu deux fois plus roulage avant ses débuts en 1996...).

Eh bien au soir de cette rude journée, Anthony Hamilton s'est attelé à remettre son fils en selle. Je le cite : "C'est aussi ça la Formule 1. Tu es le petit nouveau qui bouscule l'establishment. Ce n'est que le début. Dès que tu gagneras, tu deviendras l'homme à battre. Tous les moyens seront bons pour te déstabiliser. Tu dois t'y préparer. Aucune faute ne te sera pardonnée. Mais jamais tu ne devrais laisser deviner une faiblesse. Ecoute moi, fils, le plus important est de garder les pieds sur terre. Ne jamais oublier d'où tu viens et tout ce que nous avons fait pour arriver là. La seule pression que tu dois accepter est celle qu'exige la quête de la victoire. Le reste n'est rien à côté."

Résultat : pole et victoire, les premières de sa carrière. Maintenant, cette présence, il ne l'a plus sur tous les GP je crois, et surtout, son manager Simon Fuller semble davantage préoccupé des questions économiques que de la condition mentale de son pilote. En plus, c'est quelqu'un qui visiblement a plein d'activités à côté de la F1 (producteur dans la télévision et dans la musique) et qui ne peut pas consacrer le temps qui devrait l'être à un pilote de F1 de très haut niveau. Lewis Hamilton a donc rarement quelqu'un dans son entourage qui ait assez d'expérience de la vie pour véritablement veiller sur lui, pour le remettre sur les bons rails quand ça ne va pas, pour le conseiller, le raisonner, l'encourager, le faire se remettre en question, etc, alors qu'il en aurait grandement besoin.
Il y a 6 mois
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