> > > > Rétro - Brésil 2003 : Fisichella sur tapis auriverde

Rétro - Brésil 2003 : Fisichella sur tapis auriverde

Pendant la trêve, Fan-F1 vous propose de revenir sur la Formule 1 des années 2000 en vous livrant, deux fois par jour, et jusqu'à la fin de la semaine, une liste de dix faits marquants retenus par la rédaction. Lorsque celle-ci sera entièrement dévoilée, vous aurez la possibilité de voter pour désigner l'image que vous gardez de cette décennie. Revenons cette fois-ci sur le Grand Prix du Brésil 2003 et la victoire dans le chaos de Giancarlo Fisichella.

(c) droits réservés(c) droits réservés

L’œil dans le rétro

Dimanche 6 avril 2003. Neutralisée lors des huit premiers tours sous la pluie du ciel brésilien, la course est menée par Rubens Barrichello sous les vivats du public pauliste. Porté par toute une ville, l'enfant de Sao Paulo ne conserve pas longtemps l'avantage, harcelé dès le départ par la McLaren de Coulthard. Plus tard, Raikkonen, l'autre Flèche d'Argent, prend la tête. A la faveur d’une belle remontée, Michael Schumacher - parti septième - pointe au troisième rang.

A peine quinze boucles et le cimetière automobile du virage n°3 ouvre ses portes. Première victime, Justin Wilson, dont la Minardi en tête-à-queue ne parvient pas à repartir. Deux tours plus tard, c’est au bout de la ligne droite des stands qu'une Jordan en perdition frôle sa sœur avant de percuter une Toyota. Firman et Panis s'en sortent indemnes, Fisichella s'en sort très bien. Du carbone jonche la piste, la voiture de sécurité doit sortir.

Après le restart, Juan-Pablo Montoya part à la faute dans le virage 3, suivi quelques secondes plus tard par Antonio Pizzonia. Image surréaliste que cette Jaguar finissant sa course contre d'une Williams encore occupée par son conducteur. Mais alors qu’une grue est envoyée à cet endroit, Michael Schumacher sort aussi et vient se planter dans les pneus, à quelques centimètres d’un drame. Nouvelle neutralisation. Verstappen et Button seront à leur tour irrésistiblement attirés vers ce mur de protection.

La piste séchant, les performances de la Ferrari s'améliorent et Barrichello reprend la tête avec autorité, enfin lancé - pense-t-on - vers la victoire à domicile, quand une cruelle panne d’essence l’oblige à abandonner. Coulthard redevient leader mais doit ravitailler et laisser place à Raikkonen. Sous la pression de Fisichella, étonnant deuxième, le Finlandais commet une erreur et laisse la Jordan s’envoler.

Soudain, l’image d’une Jaguar détruite surgit sur les écrans. Mark Webber est sorti violemment dans la courbe précédant la ligne droite. Sa monoplace s’est littéralement répandue sur le sol. Les leaders déboulent : Fisichella et Raikkonen évitent les débris, mais Alonso, inexplicablement lancé à pleine vitesse, percute une roue, va s’encastrer dans un mur de pneus et rebondit de l’autre côté de la piste. Dans un mélange de débris et de fumée, les commissaires agitent le drapeau rouge. Les médecins s'affairent autour du jeune Espagnol prostré à quelques mètres de l'épave de sa Renault.

Dans la confusion, Raikkonen monte à tort sur la première marche d’un podium amputé d’Alonso. Fisichella sera finalement déclaré vainqueur cinq jours plus tard après que Jordan ait pu prouvé que l'Italien était bien leader un tour avant le drapeau rouge.


Pourquoi cela nous a-t-il marqué ?

Couru dans des conditions dantesques, avec un niveau de sécurité plus que chancelant, le Grand Prix du Brésil 2003 a profondément marqué les esprits et reste comme un moment fort des années 2000. Les images qui restent après une telle course sont multiples et traduisent un sentiment d’amateurisme dans la gestion de la sécurité sur un circuit d’Interlagos déjà jugé dangereux. La mise en perspective de cette course et son déroulement avec le Grand Prix du Canada 2011, laisse à penser que le monde de la Formule 1 a toujours du mal à trouver le juste milieu entre le laxisme coupable et le tout-sécuritaire frustrant.

Sur le plan sportif, ce Grand Prix marque la première victoire, pour le moins chaotique, d’un Giancarlo Fisichella chanceux et opportuniste qui ne l’aura tout de même pas volé. C’est aussi l’un des derniers coups d’éclat d’une écurie Jordan sur le déclin, qui sera rachetée fin 2005.


N'oubliez pas de voter pour désigner le fait marquant des années 2000 ici.


Les autres faits marquants des années 2000
- Belgique 2000 : Hakkinen enrhume Zonta et Schumacher
- Autriche 2002 : La Scuderia se pare du rouge de la honte
- France 2004 : Le coup de poker de la Scuderia
- Etats-Unis 2005 : Les abysses d'Indianapolis
- Italie 2006 : Et Schumacher tira sa révérence...
- Canada 2007 : Kubica, le trompe-la-mort
- Italie 2008 : Vettel ou l'éloge de la classe biberon
- Brésil 2008 : Les larmes d'Interlagos
- Hongrie 2009 : Sueurs froides pour Massa


Fabien Gaillard Le 17 août 2011 à 18h01 Histoire, Fisichella et Interlagos Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




7 réactions sur cet article Donner votre avis
jean
jean :
Pourquoi Raikko a gagné mais Fisichella a été déclaré vainqueur après? C'est pas logique de même pas suivre qui est devant. Raikko a été déclassé?
Il y a 9 mois
Fab007
Fab007 :
Lorsqu'une course est arrêté en F1, le classement qui compte est pris sur le tour qui précède celui dans lequel la course a été interrompue.

Dans le cas du Brésil 2003, il a fallu que Jordan prouve que son pilote était bien en tête à ce moment là. Au départ, les commissaires pensaient que le drapeau rouge avait été abaissé dans le 54ème tour, donc le classement était celui du 53ème tour où Raikkonen était effectivement en tête. Mais cinq jours après, des images ont pu prouver que Fisichella avait passé la ligne et entamé le 55ème tour avant le drapeau rouge. Donc le classement correct était celui du 54ème tour, c'est à dire quand Fisichella était devant.
Il y a 9 mois
fredoriking
fredoriking :
Merci pour cette précision (j'allais également demander la même chose) Fab!
Il y a 9 mois
Steve
Steve :
Quelle course mémorable !
Tellement intense que je n'ai réalisé qu'après la course que la PlayStation était restée allumée pendant tout le GP ! (j'avais joué un peu en attendant le départ)
Il y a 9 mois
Fab007
Fab007 :
Et puis c'était assez particulier dans la diffusion : c'était à l'époque où le GP du Brésil débutait à 19h et empiétait forcément sur le JT de TF1. Pour pallier cela, il était diffusé en simultanée sur Eurosport où le duo Marc Minari-Franck Montagny assurait les commentaires, qui étaient assez rafraichissants d'ailleurs.

Mais tout ce chaos, c'était assez incroyable, surtout quand ça débouche sur une victoire surprise.

Un très, très bon souvenir, effectivement.
Il y a 9 mois
jean
jean :
Je vois. merci Fab. Et Fisico n'a même pas remarqué qu'il avait gagné? Je trouve ça assez surprenant, mais c'est vrai que ça devait être un peu confus. Il finit la course devant, donc il y a de quoi se poser quelques questions.
Il y a 9 mois
Fab007
Fab007 :
Oh que si, Fisico pensait même qu'il avait gagné juste après l'arrêt de la course ! Le podium était d'ailleurs assez incroyable à voir avec un Raikkonen fidèle à lui même, un Fisichella qui faisait la gueule et un Alonso absent en train de se faire soigner.

Au Grand Prix suivant, une petite cérémonie avait été organisée pour que le trophée soit officiellement remis à Fisichella.
Il y a 9 mois
Laisser votre avis
Cet article a plus de deux mois. Les commentaires sont fermés.

Toutefois, vous pouvez nous joindre via la page de contact pour signaler tout problème à la rédaction.





+Le SAV de la F1