Analyse de Timo Glock :
Istanbul Park est un des circuits les plus modernes du calendrier. Il propose une bonne variété de virages, avec des portions exigeantes à haute vitesse et une partie finale lente. Pour être rapide, il faut trouver un bon équilibre entre les secteurs rapides et lents, ainsi qu’un bon rythme dans le cockpit.
Physiquement, c’est une des pistes les plus dures de la saison, car elle tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et certaines des courbes les plus rapides tournent à fauche. Seulement trois virages sont des droites, ce à quoi nous sommes plus habitués, et c’est très dur pour les muscles du cou.
Dans la courbe la plus rapide du tour, le fameux Virage 8 avec ses quatre points de corde, on encaisse 4G au minimum pendant 7 secondes. Peu importe qu’on se soit bien entrainé avant la course : on sait de toute façon que les dix derniers tours seront terribles.
En matière de dépassements, ce n’est pas super. Le Virage 12 offre la meilleure opportunité, puisqu’il est précédé d’une longue ligne droite pour prendre l’aspiration. Mais comme on a vu que cette année, on peut se suivre de plus près, il y aura peut-être moyen de rester près dans le virage 8, en ajustant le flap avant, et de dépasser dans le Virage 9.
Le gros défaut d’Istanbul Park, c’est le trafic pour s’y rendre. Traverser le Bosphore peut prendre des heures. C’est pourquoi, cette année, j’ai choisi de résider du côté asiatique d’Istanbul afin de gagner du temps. Je n’avais pas vu grand-chose de la ville en 2008, devant repartir juste après le GP pour des tests. Cette année, je sortirai peut-être le dimanche soir.
Virage 1 : Celui-là est piégeux car l’entrée est aveugle. La piste est en descente et on ne voit pas vraiment la corde à gauche. D’autre part, et toujours en raison de la pente, on peut avoir du sous-virage au milieu de la courbe.
Virage 3 : Un virage compliqué. Il faut tourner en franchissant une crête, ce qui rend l’entrée aveugle et difficile. En sortie, il faut bien rester du côté gauche de la piste, prêt pour le droite qui suit.
Virage 5 : La piste est encore en descente ici. On a du sous-virage à l’entrée puis du survirage à la sortie. Bien en sortir est capital du fait qu’il y a une longue droite qui survient juste après.
Virage 8 : Virage impressionnant. On le négocie à fond en qualification, ce qui prouve qu’on y prend beaucoup d’appui. Le mauvais côté, ce sont les bosses qui sont de pire en pire chaque année.
Virage 12 : On arrive à 300 km/h environ et on tape les feins au panneau des 100 m. C’est une zone de freinage normale, mais il fait bien protéger l’intérieur – car c’est la meilleure possibilité de dépassement de tout le tour.
Analyse J-L. Moncet
Ce circuit est un chef d’œuvre. C’est un circuit complet pour déterminer les meilleurs. Il y a de tout : virages à gauche, virages à droite, des courbes, de longues lignes droites, un tracé compliqué. Les voitures nécessitent d’être très bien réglées, et les pilotes doivent être en très bonne forme physique.
Les voitures sont très sollicitées à Istanbul. Tout est difficile. Il y a des espaces, et des zones de dégagement sur le circuit. On perd facilement 2 secondes/ tour si on commet une erreur.
L’ambiance reste très agréable. Pour gagner, il faut une voiture stable, homogène et confortable.